si l’art est destinée à se produire,

il se produira

2017

 

 

La collaboration avec Adam Żółtowski a commencé à partir d'une idée très simple de copier une pièce l’un de l'autre, ce qui était directement inspirée de la notion philosophique du paradoxe de Thésée (une expérience de pensée qui soulève la question si un objet dont les composants sont graduellement remplacés reste à la fin le même objet).

 

 

​Au cours du processus de connaissance mutuelle, Adam a parlé de ses relations avec la Pologne (ses parents sont des réfugiés polonais de la Seconde Guerre mondiale). À ce temps-là, il venait de rentrer en Pologne où il avait amené les cendres de son père à la crypte familiale. Sa marche autour de la maison décrépite m’a incitée à reprendre son emploi de la phrase tourner en rond. Cela signifie discuter ou faire quelque chose sans faire du progrès ou d’employer du temps et de l’effort pour essayer de faire quelque chose sans faire du progrès.

C’est d’où vient l'idée de s’envoyer les dessins de cercles. La collaboration artistique maintenue par e-mail se compose de 55 dessins réalisés chacun avec un outil différent. Chaque cercle est réalisé en réponse au cercle précédent et provoque le prochain. Adam a dessiné le premier cercle, fait à la main, pas parfait. Maintenant, nous savons que notre ligne a sa propre vie - et que deux étrangers peuvent se retrouver parfaitement au milieu. Les cercles ont évolué à partir d'une forme simple qui a commencé à devenir de plus en plus narrative. Tourner en rond (en polonais littéralement « marcher en cercles ») semble être quelque chose que nous faisons tous d'une manière significative, ce qui signifie la récurrence de la vie, mais aussi sur une échelle de la vie quotidienne - des actions minuscules et répétitives.

J'utilise les pièces extraites de notre correspondance par courrier électronique. Ce n'est qu'avec un processus de suppression que je crée un texte court qui, à mon avis, décrit bien tous les hauts et les bas de notre collaboration aussi avec les moments amusants. L'idée se développe lentement et, à la fin, nous avons presque rien ou quelque chose de vraiment précieux. Sommes-nous toujours le même bateau? Les lettres noirs sont présentés au sol de la galerie et, par conséquent, une volonté de connaître notre histoire exige une sorte de chorégraphie du spectateur. On marche en cercles comme nous l'avons fait. Vous pouvez vous sentir vraiment étourdi!

 

ce travail a été réalisé lors d'une collaboration avec Adam Żółtowski et fait partie du projet anglais-polonais appelé Connect, qui a été montré à PLY Galerie à Londres / UK et
Rondo Sztuki à Katowice / PL

commissaires d'art : Oksana Smirnova, Paweł Mendrek

photos : Michał Jędrzejewski, Tomasz Biały

« Si l’art est destinée à se produire, il se produira – l’effet de jeu intellectuel d’Izabela Łęska et Adam Żółtowski, qui utilise le paradoxe du bateau de Thésée. C’est le franchissement métaphorique du fond de la gravure. Plutarque, au début du deuxième siècle, a décrit un bateau au bord duquel, d’après le mythe grec, Thésée avec ses soldats est revenu à Athènes. Le bateau – conservé par les Grecs comme un symbole de l’identité materielle et immatérielle. Bien que avec le temps tous les éléments usés fussent remplacés, chaque partie materielle fût échangé, le bateau est resté identifiable comme la forme, le concepte, l’idée – la matrice de « cet » beateau de Thésée, qu’on voulait identifier et dont on voulait se souvenir après des années. (...) Cette méthaphore grecque distante touche le fond de la gravure contemporaine. Pendant le processus de la gravure on peut tout échanger, multiplier, copier, insérer, cependant... l’individualité, l’identité, l’originalité de l’idée artistique ne sont pas altérees. »

Dorota Folga-Januszewska, „Widzenie graficzne" (La vision graphique), du catalogue de 10ème Triennale de l’Arts Graphiques à Katowice

alt Izabela Łęska Izabela Leska
alt Izabela Łęska Izabela Leska
alt Izabela Łęska Izabela Leska
alt Izabela Łęska Izabela Leska
alt Izabela Łęska Izabela Leska